Plan Sénégal Emergent : Etat des lieux après presque 3 ans d’exécution

Un plat succulent se manifeste par ses bonnes odeurs. Cet adage s’applique aisément au plan Sénégal Emergent. Depuis le début de sa mise en exécution en 2015, il y a eu d’importantes avancées. Selon les informations officielles, 17 projets sur 27 inscrits dans le PSE ont été lancés. On a noté également que 15 réformes sur les 17 prévues ont fait l’objet d’un lancement.  Récemment, le 15 juillet 2016 dans le cadre du dialogue autour des politiques publiques, le ministère de l’Economie, des Finances et du Plan avaient organisé un atelier dont la finalité était en premier lieu, d’évaluer avec les acteurs le chemin parcouru après deux années de mise en œuvre du Plan Sénégal Émergent (PSE) et en second lieu de formuler des propositions afin d’opérer les éventuels ajustements pour matérialiser la vision du président de la République de faire du Sénégal un pays émergent à l’horizon d’une génération.

A cette occasion, le Ministre de l’économie, des finances et du plan avaient invité les uns et les autres à noter que « les agrégats macroéconomiques et sectoriels sont favorables, de même que les évolutions récentes et à court-terme de l’activité économique». L’argentier de l’Etat s’était réjouit du fait que « l’agence de notation américaine Moody’s a classé le Sénégal en tête de vingt-deux pays africains, pour la qualité de ses performances économiques. Nos performances économiques à moyen- long terme, classés positifs par les organisations africaines et internationales, sont meilleures que celles d’autres pays du continent pourtant plus riche ».

Le Directeur Général de la Planification et des Politiques Economiques (DGPPE), Monsieur Pierre N’DIAYE avait quant à lui insisté sur l’augmentation de notre croissance qu’il faut selon lui consolider. Faisant son état d’évolution, il avait déclaré que «  dès 2014, des résultats encourageants ont été enregistrés avec l’amélioration du taux de croissance du PIB réel qui est ressorti à 4,3% contre 3,5% un an auparavant ». C’est dans lancée que « le déficit budgétaire s’est réduit en s’établissant à 5,1% du PIB, soit une amélioration de 1,6 point de pourcentage par rapport à 2011 » a-t-il souligné. Selon Pierre N’DIAYE, en termes de perspectives le taux de croissance du PIB réel est projeté à 6,6% en 2016.

Toutefois, contrairement aux autorités gouvernementales qui considèrent que « ces avancées économiques ne sont que des conséquences directes de la mise en œuvre du PSE », l’ancien ministre du Budget, Ibrahima Sarr et le représentant-résident du Fmi au Sénégal Boileau Loko soutiennent le contraire. Monsieur Sarr déclare pour sa part «C’est trop tôt de faire le bilan du Pse. Je parle en tant qu’ancien ministre du Budget. On sait comment fonctionnent les choses. Au Sénégal on ne peut pas faire de choc sur l’investissement et avoir un effet sur l’économie en deux ans. Ce n’est pas possible».

Position qu’il partage avec Monsieur Loko pour qui  «On ne peut pas encore nécessairement attribuer la croissance au Pse. En tout cas pas totalement au Pse ». Pour « C’est encore trop tôt pour faire directement le lien». Il a plutôt exhorté les autorités à maintenir un tel niveau de croissance et la bonne réputation du Sénégal sur le marché international. «Il faut agir. Il ne faut pas seulement réagir. Il faut prévenir. Il faut innover, il faut de l’initiative, il faut promouvoir les Pme», a-t-il invité l’Etat Sénégalais qu’il appelle à matérialiser les réformes nécessaires, à mettre le secteur privé dans les conditions favorables à la création accrue de richesses, à miser sur les meilleurs investissements qui impactent l’économie etc.

Des avancées certes mais les ambitions restent grandes

Il est bon de rappeler les objectifs visés dans le PSE pour montrer l’ampleur des ambitions et attirer l’attention du Gouvernement sur le fait que même si on note des efforts importants, du chemin reste encore à parcourir.

En effet, le Pse est conçu pour porter le taux de croissance à, au moins, 7 % et le maintenir à ce niveau sur une période de 10 ans. Dans le PSE, il est clairement affirmé que « en 2035 la société sénégalaise serait caractérisée par une économie compétitive soutenue par une croissance forte aux fruits mieux répartis, sur l’ensemble du territoire ; une population instruite, bien formée et engagée au niveau des communautés locales et nationale, une meilleure qualité de vie ; la paix, la stabilité et la démocratie ; la bonne gouvernance et l’aménagement dynamique et équilibré des territoires ». Au regard des objectifs fixés et la situation actuelle du pays, on ne peut s’empêcher d’être tenté par l’envie de mieux accélérer nos politiques de développement.

Serigne SEGNANE

 

 

                                                                                           

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