Les Echos du jour – fin : 18/12/2017

LE FRANC C.F.A. FACE A L’AMBITION D’UNE MONNAIE AUTHENTIQUEMENT AFRICAINE.

Le débat sur le franc C.F.A et sa parité fixe à l’euro est ouvert dans les pays africains. Ce qui fait sa légitimité est justement son objet car la monnaie est, avec le budget, des instruments de souveraineté dont la maîtrise est un impératif de développement.

Pour certains économistes comme le togolais Kako Nubukpo, l’heure est venue de revoir l’arrimage du franc C.F.A à l’Euro. Selon eux les réserves dont disposent la B.C.E.A.O. (Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest)  et la B.E.A.C. (Banque des Etats de l’Afrique Centrale), dépassent aujourd’hui les 3000 milliards  de FCFA et peuvent justement servir à financer les économies africaines.

Dans la poursuite de leurs analyses, les détracteurs du F C.F.A. soulèvent aussi un coin du voile sur les ratios de crédit à l’économie sur le PIB qui est de l’ordre de 23% dans la zone franc alors qu’il atteint les 100% dans la zone euro. Ce qui, à leurs yeux rend impossible le rattrapage des pays dits émergents par les africains.

De l’autre côté, on invoque la stabilité qu’offre le franc C.F.A et son arrimage à une monnaie forte qui lui garantit l’absence de risques de change entre les états concernés et la France mais aussi une convertibilité dans les promesses françaises.

Ces différentes positions sur le franc de la communauté française, vieux aujourd’hui de plus de 50 ans, reflète un engagement des africains à atteindre l’émergence économique par une parfaite maîtrise des instruments et mécanismes de financement de la croissance. La monnaie doit affectivement être au service de la croissance et du développement de son pays.

Cependant la démarche doit être prudente car, trouver un autre régime de change alternatif et plus flexible afin de fiancer correctement nos économies, n’est pas un exercice qui  se fait  sur un coup de tête ou du cœur. Il doit être le résultat d’un processus inclusif et maîtrisé du grand ensemble de la zone franc.

Historiquement, cette monnaie  commune à cette zone est depuis 1945 le « franc C.F.A », qui signifie « franc de la communauté financière africaine » dans l’U.E.MO.A (Union économique et monétaire ouest-africaine) et « franc de la coopération financière en Afrique centrale » dans la C.E.M.A.C. (Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale), est un système dont l’ancrage est de nos jours très solide et présentant parfois un caractère socio-culturel même dans les Etats concernés.

En conséquence, les forums et panels africains sur la question doivent se multiplier. Ce sera l’occasion pour  les experts des différents Etats concernés, en rapport avec des partenaires comme la France, de faire des propositions alternatives pertinentes.

POUR ENLEVER UN SYSTÈME, IL FAUT D’ABORD EN INVENTER UNE ALTERNATIVE APRES DES TESTS CONCLUANTS.

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