Définition et Enjeux de la transition énergétique

La notion de transition énergétique est un volet essentiel de la transition écologique, elle désigne le passage du système énergétique actuel utilisant des ressources non renouvelables vers un bouquet énergétique basé principalement sur des ressources renouvelables. Ce qui nécessite de développer des solutions de remplacement aux combustibles fossiles, qui sont des ressources limitées et non renouvelables (à l’échelle humaine). Certains y ajoutent les combustibles fissiles (matières radioactives telles que l’uranium et le plutonium). La transition énergétique prévoit leur remplacement progressif par des sources d’énergies renouvelables pour la quasi-totalité des activités humaines (transports, industries, éclairage, chauffage, etc.).

« C’est donc aussi une transition comportementale et sociotechnique » selon des experts. Ce qui implique une modification radicale de la politique énergétique : en passant d’une politique orientée par la demande à une politique déterminée par l’offre, et d’une production centralisée à une production décentralisée. Il s’agit aussi d’éviter la surproduction et les consommations superflues pour mieux économiser l’énergie, et bénéficier d’une meilleure efficacité énergétique. Cette approche notamment issue de l’Öko-Institut et de l’Association négaWatt, d’abord décriée, prend une place grandissante dans les politiques énergétiques.

Une version de cette transition vise la réduction de la part des énergies productrices de gaz à effet de serre sans renoncer à l’énergie nucléaire, considérant que le changement climatique sur lequel alerte le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) est une priorité.

Les enjeux de la transition énergétique sont ainsi décrits par certains observateurs et experts:

  1. passer à un système énergétique plus sûr en termes de risque industriel et nucléaire ;
  2. évoluer vers un système énergétique moins centralisé (passant par un abandon progressif de l’énergie nucléaire) et à différentes échelles spatiales d’aménagement : architecturale, urbaine et paysagère ;
  3. évoluer vers une moindre consommation d’énergie (efficacité, efficience énergétique), ce qui devrait aussi diminuer les tensions géopolitiques induites par les inégalités d’accès à l’énergie et par une moindre disponibilité des énergies par personne, en tendant à l’indépendance énergétique pour tous ;
  4. Protéger le climat et la santé publique.
  5. Assurer des emplois plus locaux, mieux répartis et moins délocalisables (dans le cas du Scénario NégaWatt) par exemple8).

Il s’agit donc notamment de passer d’énergies dites carbonées (pétrole, gaz naturel, charbon) ou très technologiques et centralisées (nucléaire, incinération…) à des énergies propres, sûres et décentralisées (énergie solaire (thermique ou photovoltaïque), éolien, énergie hydraulique, l’énergie géothermique et l’énergie marémotrice, biomasse dont la bioénergie provenant entre autres des gaz d’incinération ou d’épuration…) avec des capacités de stockage de l’énergie, des réseaux intelligents et sur une meilleure efficacité énergétique ;

C’est un processus d’évolution. Jeremy Rifkin parle même de « révolution » combinant la transition énergétique et une révolution du système de l’information, source grâce à l’Internet d’une « troisième révolution industrielle » qui permettrait enfin d’exploiter une ressource diffuse constituée d’une part d’énergies renouvelables, et d’autre part du potentiel d’économie d’énergie.

Pour parvenir à la transition énergétique, beaucoup de pays notamment européens ont entamé des programmes, qui, il faut le souligner nécessitent de gros investissements. Ainsi en France, il y a une signature, à l’occasion de la COP21, d’un partenariat pour le soutien à la transition énergétique entre la France et la Banque européenne d’investissement.

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