Santé et nutrition au Sénégal : les stratégies du PSE pour lever les contraintes

Le Gouvernement du Sénégal a fait de la santé un pilier fondamental pour satisfaire l’aspiration de la population à un état de santé amélioré sans discrimination. C’est ainsi qu’au cours des dernières années, le pays a opéré des changements significatifs dans la gestion du sous-secteur en vue d’optimiser la réponse aux préoccupations sanitaires des populations et surtout d’accélérer l’atteinte des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD). Cette dynamique a été fortement soutenue grâce à une prise de conscience par les autorités ,des difficultés liées à l’accessibilité financière des populations aux soins, alors que les versements directs de ces ménages contribuent pour 50% aux dépenses de santé. Si le Gouvernement a déjà initié un certain nombre de réformes (lancement de la couverture maladie universelle, restructuration des initiatives de gratuité) visant à lever les barrières d’accès aux soins, il n’en demeure pas moins qu’il devra faire face à des déterminants d’ordre multisectoriel pour pouvoir faire de la santé un secteur prioritaire où tous les ménages bénéficient d’un accès universel à des services de qualité, sans aucune forme d’exclusion. En effet, la situation sanitaire du Sénégal reste toujours préoccupante au regard du niveau des indicateurs de santé précisé ci-dessous:

le ratio de mortalité maternelle a régressé de 21% mais reste toujours élevé (392 pour 100 000 naissances vivantes) et reste en deçà de l’objectif de l’OMD 5 qui devrait nous projeter à 127 décès sur 100 000 naissances vivantes en 2015 ;

dans le domaine de la survie de l’enfant, le taux de mortalité infanto-juvénile (MIJ) s’est nettement amélioré, passant de 121% en 2005 à 72% en 2010, mais reste toujours loin de l’objectif des 44% à atteindre à l’horizon 2015, sans compter que 18% des enfants souffraient d’insuffisance pondérale en 2011 contre 17% en 2005 ; Sénégal : PTIP 2015-2017 Page 78 sur 87

la mortalité néonatale est à 29 décès néonatals pour 1000 et représente 61% de la mortalité infantile (47 pour 1000) et environ 40% de la mortalité infantojuvénile (72 pour 1000) d’après les résultats de l’EDS V. Cette situation est exacerbée par les contraintes ci-après auxquelles le sous-secteur fait face:

-une insuffisance chronique de ressources humaines de qualité et leur inégale répartition sur le territoire national.

– une faible satisfaction de la demande de soins.

-une faiblesse de la qualité des plateaux techniques.

-une vétusté de la logistique de vaccination.

– une insuffisance des moyens d’évacuation sanitaire, (vi) un accès difficile aux médicaments.

– une faible prise en charge des maladies chroniques à soins couteux et des problèmes dans le management qui se traduisent par des difficultés dans l’optimisation des ressources.

A ces contraintes s’ajoutent le surendettement des hôpitaux qui limite leur capacité d’intervention, une insuffisance d’harmonisation des interventions des différents acteurs et une faible collaboration avec les collectivités locales et les autres secteurs.

Les stratégies retenues dans ce sous-secteur sont guidées par le Plan Sénégal Emergent (PSE) dans son axe II «Développement du capital humain, protection sociale et développement durable» et suivra la dynamique de la mise en œuvre des orientations du Plan National de Développement Sanitaire et Social (PNDS) (2009 – 2018) à travers (4) objectifs principaux :

– réduire le fardeau de la morbidité et de la mortalité maternelles et infanto juvéniles, accroître les performances du sous-secteur en matière de prévention et de lutte contre la maladie, renforcer durablement le système de santé et

améliorer la gouvernance du sous-secteur.

– Améliorer les conditions socio-économiques des groupes vulnérables.

Ces orientations, pour être efficaces, devront être renforcées par des mesures d’accompagnement visant à parfaire le ciblage pour atteindre les plus pauvres et à prendre en compte les autres facteurs de vulnérabilité. Parmi ces mesures figurent en bonne place :

-le renforcement du dialogue avec les collectivités locales et les autres secteurs en vue d’une meilleure prise en charge des autres déterminants de la santé, notamment, l’assainissement, les routes, l’hygiène et le tourisme.

– l’extension de la couverture maladie universelle aux niveaux du monde rural et du secteur informel en vue de toucher le plus grand nombre de ménages vulnérables, la prise en compte des orientations initiées au niveau mondial au profit du sous-secteur, notamment « le Partenariat International pour la Santé (IHP+) » et l’initiative « d’Harmonisation pour la Santé en Afrique (HHA) » qui visent à permettre aux pays de la sous-région de mieux capter les opportunités de financement complémentaire par le biais de partenariat et à renforcer le cadre institutionnel et de gouvernance du sous-secteur.

Dans le PTIP 2015-2017 Page 79 sur 87 , des campagnes de sensibilisation et des mesures préventives contre la propagation de la fièvre hémorragique à virus Ebola devront être mises en œuvre sur l’ensemble du territoire national. Les investissements prévus pour la période triennale s’élèvent à 195,420 milliards de F CFA, soit 14,9% des investissements du secteur quaternaire. La répartition annuelle du financement programmé est la suivante : 2015 : 64,975 milliards de F CFA (33,2%) ;

2016 : 67,428 milliards de F CFA (34,5%);

2017 : 63,017 milliards de F CFA (32,2%). Le financement de ces investissements est acquis à hauteur de 187,148 milliards de F CFA (95,8%) et en négociation pour un montant de 8,272 milliards de F CFA (4,2%). Il est assuré par les ressources internes de l’Etat pour 87,170 milliards de F CFA (44,6%) et par les ressources extérieures pour 108,250 milliards de F CFA (55,4%). Ces dernières sont constituées d’emprunts pour 19,914 milliards de F CFA, soit 18,4% et de subventions pour 88,336 milliards F CFA, soit 81,6%. Par rapport au PTIP 2014-2016, le montant des investissements du sous-secteur a connu une hausse substantielle de 35,138 milliards de F CFA en valeur absolue et de 22% en valeur relative qui s’explique principalement par le démarrage de nouveaux projets, notamment le programme d’appui à la lutte contre le paludisme, le Programme de Renforcement du système de santé, le programme Initiative Solidarité Santé (I3S) et le programme d’amélioration de la santé de la mère et de l’enfant dans les régions de Kolda et Sédhiou.

Suivant les objectifs du sous-secteur de santé retenus dans le PSE, les projets concernés sont les suivants :

– le relèvement du plateau technique au niveau des Etablissements Publics de Santé de niveau I pour les mettre à un niveau plus opérationnel et la finalisation des hôpitaux de Fatick et de Ziguinchor.

– L’achèvement des centres de santé de Médina Gounass, Samine, Goudomp, Niakhar, la réhabilitation du centre Talibou Dabo, la construction du Siège du Service d’Assistance Médical et d’Urgence (SAMU) et le relèvement du plateau technique des structures sanitaires.

– Le renforcement des capacités d’intervention du Service National de l’Education et de l’Information pour la santé et du Service d’hygiène pour la promotion d’attitudes et comportement de prévention des maladies et la lutte contre les maladies non transmissibles et chroniques, par la poursuite de la création d’autres centres d’Hémodialyse.

– l’amélioration de la Santé Maternelle et Infantile avec le renforcement des moyens de l’Etat en ressources humaines et matérielles, le relèvement de la logistique du Programme Elargi de Vaccination, le démarrage des projets « Initiative, solidarité Santé (I3S) » et «l’amélioration de la santé maternelle et infantile dans les régions de Kolda et de Sédhiou » ; Sénégal : PTIP 2015-2017 Page 80 sur 87 le lancement du nouveau programme de santé-nutrition dans les régions de Ziguinchor, Sédhiou, Kolda et Kédougou pour contribuer fortement à l’amélioration des indicateurs de santé et renforcer la Cellule d’Appui à la Couverture Maladie Universelle (CACMU) et la Direction des Etablissements Publics de Santé ; l’équipement de cinq (5) nouveaux Service d’Accueil et d’Urgence (SAU) au niveau des hôpitaux de Diourbel, Touba, Fann, Ziguinchor, Kaolack et la construction de nouveaux postes de santé; le démarrage des Contrats d’Objectif et de Moyen (CPOM) de 3ème génération avec les hôpitaux de Kolda, Abass Ndao, Pikine, Ndioum et l’effectivité de l’exécution des CPOM de 1ère génération avec les hôpitaux de Saint Louis, Touba, Fann, Thiès et Albert Royer et de 2ème génération avec les hôpitaux de Ziguinchor, Kaolack, Thiaroye, Diourbel et Le Dantec ; le renforcement de la lutte contre les épidémies (Paludisme, Bilharziose, Tuberculose) et le SIDA.

 

 

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