La prime de présence pour les employés de mairie décolle en France

De plus en plus de communes accordent des gratifications à leurs employés en échange de leur assiduité. Le but : amortir le coût de l’absentéisme.

Être payé pour venir au travail. Voilà la nouvelle arme des communes françaises pour inciter les employés publics à faire preuve d’assiduité. Le principe : les mairies offrent une prime aux agents de la voirie et autres jardiniers municipaux s’ils se sont présentés chaque jour de l’année à leur poste. Entre autres, les élus de Montbrison dans la Loire ont adopté cette technique pour un budget total de 40 000 euros à l’heure où les collectivités se serrent pourtant la ceinture, rapporte Europe 1. « On a l’équivalent de dix agents absents toute l’année, sur 224 agents équivalent temps plein », déplore le maire de la commune, Christophe Bazile. Pour récompenser leur présence, les agents concernés reçoivent donc 200 euros par an.

D’autres élus, comme Vincent Gaudry, maire de Florensac, ont opté pour cette méthode. Dans cette commune de l’Hérault, les agents assidus reçoivent 50 euros par mois, soit 600 euros sur l’année. « Lorsque j’ai été élu en 2008, j’ai dû faire face à un absentéisme galopant qui atteignait 18 % », a constaté l’élu auprès du Figaro . « J’ai au départ choisi de retirer, pour les absents, la prime qui était versée à tous les agents. Mais cela était trop pénalisant. J’ai donc opté pour une méthode plus incitative. Hormis le droit de grève, aucune absence n’est tolérée. C’est strict », a-t-il ajouté. Grâce à ce système, l’élu de cette ville de 6 000 habitants affirme avoir divisé les absences au travail par 4 et gagné 120 000 euros.

7,9 % d’absentéisme dans les collectivités

À Bondy en Seine-Saint-Denis, où la prime d’assiduité varie en fonction du temps travaillé, cette technique anti-absence avait en revanche été mal accueillie en 2015. « Au-delà de huit jours d’absence par an, on perdra une partie de cette prime », s’était indignée une employée à l’état civil et membre du syndicat FO, selon Le Parisien . « Très clairement, l’an dernier, j’ai dû m’arrêter pendant quinze jours à cause d’une grippe carabinée. Si ça m’arrive maintenant, je perds une grosse partie de cette prime. Une somme non négligeable pour mon ménage. » Les absences restent cependant l’une des bêtes noires des collectivités.

Le taux d’absentéisme dans la fonction publique territoriale a atteint les 7,85 % hors congés maternité, selon une enquête de l’Association des DRH des grandes collectivités publiée en janvier par Les Échos . Les absences pour raisons de santé seulement ont coûté près de 2 067 euros par salarié en 2015, selon le courtier en assurance Sofaxis. Au micro d’Europe 1, le maire de Florensac insiste par ailleurs sur l’intérêt managérial de cette prime : « Ce n’est pas que de l’argent, c’est aussi un moyen de reconnaître [les employés] pour ce qu’ils font, leur montrer que celui qui se donne la peine peut devenir chef. »

Le Point

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