Ce qu’il faut retenir de l’édition 2017 des Assises de l’entreprise présidées par le Premier Ministre.

L’édition 2017 des Assises de l’entreprise du Conseil national du patronat du Sénégal (CNP) était surtout marquée cette année par les thèmes relatifs entre autres à ‘‘l’environnement et la compétitivité des entreprises’’ et ’’le symposium national sur le partenariat public-privé dans les branches pétrole et gaz’’.

Réagissant sur l’intérêt d’une telle rencontre, le président du Conseil National du Patronat (CNP) du Sénégal, a déclaré que cette rencontre a permis « d’écouter l’Etat et partager sa vision du développement de l’amont à l’aval des branches pétrolières et gazières, de prendre connaissance des métiers, de bénéficier du partage d’expériences-pays des ‘’best practices du local content’’ et de savoir quels sont les mécanismes d’intervention et du soutien financiers de l’Etat au développement du secteur privé ».

Baïdy Agne a par ailleurs saisi l’occasion pour faire un plaidoyer au profit des entreprises. Ainsi, il a suggéré à l’Etat du Sénégal une trêve de la pression fiscale pour les bons contributeurs. « Je précise : une trêve de la pression et non du paiement des impôts. Permettez à ceux qui investissent de bénéficier de ce retour sur l’investissement ainsi que de jouir de dividendes acquises en toute régularité », a-t-il dit.

Aussi, le président du Cnp a suggéré au gouvernement d’élargir  l’assiette fiscale en utilisant le Ninéa dans les opérations douanières.
Sur ce, il soulève trois préoccupations majeures du parti de l’entreprise, notamment la patente, les crédits de Tva et la dette intérieure. « Cet impôt antiéconomique local présente l’avantage d’être plus simple, plus équitable et facile à recouvrer. Toutefois, Cela nécessite une analyse plus fine de son impact pour certains secteurs d’activités pouvant fortement être affectés notamment l’agro-industrie  et le tourisme. Ensuite un encadrement des collectivités locales par la Dgid » a-t-il précisé.

Abordant la problématique des crédits de Tva, Baidy Agne semble ulcéré « J’ai le sentiment qu’on ne nous entend toujours pas. Et pourtant combien de fois nous avons rappelé cet impact négatif substantiel sur les capitaux propres et les résultats financiers des entreprises » relève t-il. Parlant des contraintes auxquelles l’entreprise est soumise en fin d’exercice, il demande à rendre obligatoire un délai  maximum de traitement des demandes de remboursement.

Concernant la nouvelle ville de Diamniadio,  le patronat exhibe deux exigences à satisfaire. Il s’agit, selon M. Agne, d’accélérer le rythme d’exécution des chantiers et d’œuvrer pour que cette nouvelle ville ne soit pas totalement construite par l’importation de portes, fenêtres  et autres produits de seconde œuvre en provenance de Chine, de Dubai etc. Sur ce registre, il a d’abord exprimé sa satisfaction du bon avancement des travaux mais le patron du CNP ne s’est pas empêché d’observer des contraintes pour les investisseurs relatives à la main d’œuvre industrielle « Nous savons que le coût moyen de la main-d’œuvre industrielle constitue l’un des principaux facteurs d’attractivité de l’investissement industriel » mais pour lui « ce coût est très élevé dans notre pays, plus de 120 dollars par mois au Sénégal  contre moins de 50 dollars par mois en Ethiopie, le nouvel Eldorado de l’industrie du textile et de l’agro-industrie » .

Enfin, Baidy Agne a déploré le fait que le Sénégal soit le 3e marché pour l’assurance et qu’il ne possède aucune compagnie d’assurance présente dans les autres pays.

 Réactions du Premier Ministre

Réagissant aux différentes interpellations des entreprises soulevées par le président du Conseil national du patronat (CNP) au Sénégal, Baïdy Agne, le Premier ministre Mouhamed Boun Abdallah Dionne a déclaré que le gouvernement a déployé un dispositif juridique en vue d’accompagner les entreprises. Sur ce, il a rapelé que « La loi sur les zones économiques spéciales votée le 30 décembre 2016 avec un nouveau dispositif d’incitations, les décrets d’application sont en cours de finalisation et le parc industriel de Diamniadio, première expérience du genre, attend ses premières unités industrielles tournées vers l’exportation et la création massive de valeur ajoutée et d’emplois ».

Pour parvenir à rendre attractif l’environnement des affaires et encourager l’investissement dans notre pays, le Premier ministre recommande qu’il y ait des tribunes de discussions de ce genre entre le public et privé et se réjouit du fait que « le Conseil Présidentiel de l’investissement, un cadre de dialogue avec le secteur privé, nous permettra, dans quelques jours, d’aborder ces questions essentielles, notamment celles portant sur les reformes », a soutenu le chef du gouvernement du Sénégal ».

Mouhamed Boun Abdallah Dionne a en termes de perspectives déclaré que les ressources naturelles découvertes, notamment le pétrole et le gaz, vont certainement changer la donne et apporter du sang neuf dans le milieu de entrepreneuriat. Il évoque pour étayer son propos « les nouvelles opportunités de croissance offertes par les hydrocarbures, en termes d’exploitation et sous-traitance, de besoins en ressources humaines qualifiées et compétentes et de nouvelles entreprises à créer « .

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