L’Etat du Sénégal se réforme par son budget de 2020

Le budget 2020 du Sénégal va marquer une véritable révolution politique dans la gestion des finances publiques. En passant du concept de budget moyen à celui du projet avec surtout une évaluation et un contrôle rigoureux de l’utilisation des crédits par ses administrateurs déconcentrés, le Sénégal se place ainsi sur une rampe de lancement vers une vraie émergence.
L’émergence ne saurait survenir de façon éclatante si le défi de la transparence dans la gestion des affaires publique n’est pas assuré. Or depuis la Loi constitutionnelle 2016 – 10 du 05 Avril 2016, deux mesures phares confortent et confirme cette volonté des autorités de relever ce défi. Il s’agit précisément des points 4 et 9 sur les 15 qui étaient soumis à un vote référendaire.
Le point 4 consacre désormais de nouveaux droits aux citoyens à savoir celui de vivre dans un environnement sain mais aussi et surtout l’accès aux ressources naturelles.
Le point 9 quant à lui, dispose de l’évaluation des politiques publiques par les parlementaires.
Cette dernière mesure justifie amplement la réforme de l’Etat par son budget car nous passerons dés cette année 2020 du budget moyen au budget programme. Point n’est besoin de rappeler que celle-ci postule un résultat concret auquel seront désormais assujettis les Ministères et autres structures de l’Etat utilisant des ressources publiques. Les crédits qui leur seront alloués à travers le budget, se justifient par les résultats qu’ils vont engranger.
Dans cette perspective, le budget de l’Etat est voté mais aussi sa mise en œuvre et contrôlée et évaluée.
Ainsi la recherche de transparence, de l’efficacité et de l’efficience est manifeste.
Il s’agit dés lors d’une révolution dans la gestion des finances publiques de l’Etat qui obligent tous les acteurs à se comporter de manière à rendre ce contexte de GARE( Gestion Axée sur les Résultats) comme étant la seule voie qui peut nous conduire vers l’émergence en 2035 comme nous le promet le PSE en tant que référentiel macro économique qui en est aussi l’épine dorsale.
Mais de mon point de vue, les parlementaires auront le rôle le plus important à jouer dans ce nouveau contexte car ils votent le budget, contrôlent l’action du gouvernement et désormais évaluent les politiques publiques. Une telle posture, requiert de leur part un autre comportement. Ils doivent faire la part des choses entre la question partisane et leur responsabilité historique dans la représentation nationale.
Les citoyens quant à eux, doivent accompagner la mise en œuvre de ce nouveau paradigme par un changement de comportement vis-à-vis de notre espace de vie et du bien public. Ils doivent nécessairement et pleinement jouer encore leur rôle de sentinelle et d’alerteur.

 

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