Le Programme économique de Benoit Hamon, candidat de la Gauche française

Benoit Hamon arrive nettement en tête au deuxième tour des primaires socialistes et sera le candidat officiel du PS pour la prochaine élection présidentielle. Mais qu’y a-t-il donc dans le programme économique du candidat Hamon ?

La mesure phare qui attire l’attention de tous les observateurs est celle du revenu universel d’existence. Dès 2018, le candidat socialiste prévoit d’augmenter le RSA de 10%, à hauteur de 600 euros.

Benoît Hamon veut aussi créer au même moment un revenu d’existence, versé à tous les jeunes de 18 à 25 ans, sans condition de ressources. Le candidat imagine désormais (l’ajout est récent) «une grande conférence citoyenne» qui permettra de fixer les contours du revenu universel. Ce dernier sera «ensuite étendu à toute la population et atteindra 750 euros». Une mise en place progressive donc mais dont le coût arithmétique final de près de 300 milliards fait peur…

En tout cas, dès son arrivée au pouvoir, Benoît Hamon prévoit de revaloriser l’ensemble des minima sociaux à hauteur de 10%. Un coup de pouce est aussi prévu pour le Smic et le point d’indice de la fonction publique.

 

Les dirigeants de grandes entreprises sous surveillance

Le candidat socialiste n’a pas oublié les entreprises : il veut tout à la fois musculer le syndicalisme, y compris dans les PME, améliorer la representation des salariés et des partenaires au sein des conseils d’administration, et donner un droit de veto au comité d’entreprise sur «les grands choix stratégiques» dans les groupes de plus de 2.000 salariés.

Dans les rayons également, un «statut des dirigeants des grandes entreprises afin de moraliser les pratiques» avec, l’interdiction pour un dirigeant de s’augmenter si les résultats de l’entreprise ne progressent pas. On se demande comment le candidat réagira face aux entreprises qui améliorent leur résultat en restructurant…

On peut signaler aussi la prohibition des stock-options, la fin des retraites chapeaux «en cas de démission ou de perte de confiance du conseil d’administration».

Benoît Hamon abroge par ailleurs la Loi Travail et va poursuivre la voie tracée par Martine Aubry sur la réduction du temps de travail avec un «droit inconditionnel au temps partiel». Il précise toutefois vouloir maintenir la durée légale à 35 heures par semaine.

Le candidat annonce également un volet énergétique avec un «État stratège» et des objectifs pour le moins ambitieux :  50% d’énergies renouvelables d’ici 2025, la fin du diesel au même horizon. Il veut proposer un plan d’investissement européen de 1000 milliards «centré sur la transition écologique et à destination prioritaire des zones de l’Europe les plus défavorisés».

Et les financements ?

Prolixe en dépenses d’investissement, le programme Hamon donne moins d’indications sur les recettes supplémentaires capables de les financer. Il veut ainsi «mettre la finance au service de la transition écologique pour trouver les 60 milliards d’euros nécessaires sans attendre le bon vouloir du marché». Sans vraiment préciser comment.

Benoît Hamon évoque aussi une taxe sur les robots. Avec une idée simple : lorsqu’une machine remplace un salarié, «la richesse créée bénéficie essentiellement aux actionnaires». Benoît Hamon veut donc axer davantage la fiscalité de l’entreprise sur la richesse créée plutôt que sur le nombre de travailleurs. Là encore, même si l’idée a déjà été évoquée, pas de modus operandi et pas de chiffrage sur ce qu’une telle mesure pourrait rapporter, tout en sachant qu’elle viendrait peser sur la compétitivité des entreprises, notamment celles dont le métier est gourmand en investissements.

En fait, Benoît Hamon propose un moratoire sur le pacte de stabilité, et notamment sur la règle d’un déficit budgétaire ne devant pas dépasser les 3% du PIB. De quoi se donner des marges de manœuvre, à condition de faire passer la pilule aux voisins européens vertueux et parmi eux, l’Allemagne… Pas sûr non plus que le timing soit opportun au moment où les taux longs repartent à la hausse.

La fiscalité des ménages n’est pas oubliée

Enfin, le candidat prépare un big bang fiscal : il veut fusionner l’impôt sur le revenu avec la CSG et en augmenter le nombre de tranches, afin de le rendre plus progressif. Il propose enfin un impôt unique sur le patrimoine, qui comprendra notamment la taxe foncière et l’ISF.

Source (Le Revenu)

 

 

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