Etude sur les performances et les difficultés des PME en Afrique et au Sénégal

Les études ont révélé que les petites et moyennes entreprises occupent l’essentiel des secteurs dits porteurs qui mobilisent un nombre impressionnant de promoteurs avec des projets viables. Il s’agit entre autres, de l’agro-industrie, du tourisme, de la pêche, des produits d’hébergement, des nouvelles technologies de l’information et de la communication, des services, des bâtiment et travaux publics.

A l’échelle mondiale, l’importance des PME est encore plus marquée. Une récente étude réalisée au niveau mondial par la CNUCED a révélé que les PME constituent environ 90% de l’ensemble des entreprises.

En Afrique subsaharienne, c’est la plus grande partie des populations (70 % au Sénégal) qui vit grâce à ses PME, petites sociétés, urbaines ou rurales dont les appellations sont diverses : secteur informel, économies populaires qui sont des micros-entreprises inventives dont le produit par tête est très faible, faute de capital, de savoir-faire, d’éducation élémentaire, de technologie et de crédit

Au niveau sous régional, la PME occupe une place très importante dans le tissu économique. C’est la raison pour laquelle l’UEMEOA a mis en place une stratégie régionale dont les activités déclinées pour le volet PME vont dans le sens de l’élaboration d’une charte communautaire de développement des PME avec une définition communautaire. Il est aussi retenu dans cette stratégie de mettre notamment en œuvre un programme d’actions pour la promotion et le financement des PME dans l’espace UEMOA sans oublier les questions relatives à la simplification des procédures au niveau juridique  et fiscal et à l’amélioration de l’accès au foncier et aux sites aménagés.

Au Sénégal, la PME représente actuellement près de 90% du tissu économique des entreprises, concentre 42% du total des emplois du secteur moderne. Selon des statistiques de l’ANSD, elle fournit aussi 36% du chiffre d’affaires et 33% du PIB.

En ce qui concerne leurs formes juridiques, on retrouve toutes les catégories prévues par l’OHADA : SARL, SA, SURL, SAU, GIE, SCS, SCS, Coopératives etc. Les PME sont généralement situées en zones urbaines. En effet, près de 82% des PME sont concentrées dans la zone A (Dakar, Pikine et Rufisque) et la zone B ( Sébikotane, Sangalkam et Thiès) du fait d’une forte concentration de la population et des infrastructures adaptées à leurs activités dans ces villes. Les PME couvrent principalement les activités de production de biens, de transformation, de commerce, de transport, d’agriculture au sens large du terme et d’autres services dans le domaine des TIC, de la maintenance etc.

L’analyse du rapport de l’enquête nationale sur les PME révèle qu’elles jouent un rôle prépondérant dans le développement socio-économique du Sénégal. Néanmoins, il faut également relever que l’économie sénégalaise reste profondément dominée par le secteur informel qui contribue à plus de 50% à la richesse créée.

Il apparait également dans cette étude que 37,9% des pays ont moins de 5 ans et 63,9% ont moins de 10 ans. Les entreprises individuelles qui constituent 59,5% des PME concernées sont possédées en majorité par des hommes, soit 81,1%. De tels éléments traduisent une jeunesse des PME et une prédominance masculine par rapport à la propriété. Par ailleurs, l’étude révèle que même si la majorité des PME tiennent une comptabilité (71,4%), la proportion de PME ne tenant pas de comptabilité qui est de 28,6% reste encore élevée. Il est apparu que la proportion de PME exportatrices est faible (5,3% des entreprises enquêtées)

Pour ce qui est du financement, 30,9% de PME ont emprunté de l’argent auprès d’un établissement bancaire, d’une IMF, d’un fournisseur ou d’un client pour faire fonctionner leurs activités en 2012. Dans le même temps, beaucoup de PME ont affirmé être confrontées à des contraintes de financements

Au titre de l’accès aux marchés publics, 45,6% des PME enquêtées sont au courant de leur existence. Parmi ces dernières, seules 22,6% ont pris part à des appels à concurrence et 40,0 % des marchés auxquels elles ont postulé, ont été gagnés. Ces chiffres montrent que des efforts restent à faire pour une meilleure implication des PME à la commande publique.

S’agissant de la sous-traitante, 18,3% de PME sont concernées, ce qui traduit un faible niveau de connexion entre les entreprises.

Concernant les difficultés des PME, les taxes et impôts (78,5%), l’approvisionnement en énergie (59,9%), l’accès au crédit bancaire classique (48,7%) et l’approvisionnement en matières premières (43,1%) constituent les principales préoccupations.

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